Astérix et la transitalique

C’est un fait, la rentrée littéraire voit tous les ans arriver en masse les grosses sorties. Et cette année, ce sont nos irréductibles Gaulois qui en font les frais. Récemment convaincu par Le Papyrus de César, que j’ai beaucoup apprécié, j’avais de grandes attentes concernant ce dernier ouvrage. Je ne pus donc m’empêcher de prendre mon plus beau char pour foncer sur ce nouveau volume au rythme effréné. Car oui, dans La Chambre d’Enkidou, on parle de tout, enfin tout ce que j’aime, et vous l’aurez compris, je suis fan d’Astérix, et ce, depuis mon plus jeune âge.

Le monde romain prospère, sa civilisation, apogée de culture et de modernisme, est presque parfaite. Presque ? Oui, car les routes qui sont supposées toutes mener à la capitale de cet empire sont en piteux état. Et pour cause, le sénateur Lactus Bifidus est accusé de détourner les fonds dédiés à l’aménagement des routes pour son propre compte et d’organiser des orgies avec. Ce dernier, réveillé en sursaut alors qu’il siégeait tranquillement au Sénat, suggère, pour lever les propos calomnieux qui pèsent sur lui, une idée des plus inattendues. Il veut organiser une course qui traversera la campagne romaine, afin de prouver à tous que l’Empire romain est grand et qu’il propose des routes entretenues à la pointe de la civilisation. Seulement voilà, elles ne sont pas si belles que ça ces routes, il ne peut que le savoir, puisque c’est lui qui s’en occupe.

Nos amis irréductibles, toujours soucieux de chercher des crosses aux Romains, décident donc d’y participer. Mais cette fois-ci, c’est Obélix qui est aux commandes. Suivant sa nouvelle lubie, dictée par une impulsion suggérée par une diseuse de bonne aventure, il va s’embarquer dans cette course effrénée afin de prouver au monde romain que les Gaulois, perpétuels résistants à l’envahisseur, sont bel et bien les meilleurs. Ce dernier sera bien sûr accompagné de son ami de toujours, Astérix, mais également d’Idéfix qui, exceptionnellement, sera autorisé à venir sans qu’aucun ne trouve quelque chose à y redire.

Mais cette course, aussi palpitante qu’elle puisse paraître, ne s’avérera pas si facile à terminer. En effet, l’envahisseur romain, du haut de sa fierté de conquérant, entend bien remporter cette épreuve afin de montrer sa suprématie. Cependant, entre pièges voulus et nids-de-poule incongrus, la partie est loin d’être gagnée.

Au premier coup d’œil, on constate que le coup de crayon de Conrad est toujours fidèle au matériau d’origine. Les personnages sont tous soigneusement représentés et les nouvelles têtes restent parfaitement dans le ton de ce que l’on connaît sur les autres albums.

Côté texte, on retrouve avec plaisir ce qui fait le charme de nos amis gaulois, à savoir un ensemble de blagues et de jeux de mots, qui nous ramènent sans cesse à notre monde moderne et certaines de ces absurdités. Bien qu’assez légères, peut-être plus qu’à l’accoutumée, elles remplissent cependant convenablement leur rôle.

Malheureusement, il n’en sera pas forcément de même pour le scénario qui se veut assez plat et convenu. Le postulat de départ est vite posé, trop vite même, et la surprise s’en trouve effacée au bout de quelques p(é)ages (oups, non ça n’existe pas encore). On en arrive à deviner sans trop d’encombres la suite des événements, sans que de gros rebondissements viennent tout chambouler.

Les diverses étapes sont d’ailleurs trop rapidement traversées. Dans ces phases, les dialogues vont à l’essentiel. Ici, tout est fait pour laisser au lecteur une impression de vitesse, de rythme effréné, propre à la course, mais que l’on peut parfois confondre avec une écriture « à la va-vite », avis mitigé donc.

Cependant, je trouve que le duo Ferri et Conrad a réussi à capter l’essence de notre petit Gaulois ailé pour en faire ressortir quelque chose de différent certes, mais proche de l’esprit d’origine. L’histoire comporte tout de même une bonne dose d’humour appuyé par une certaine dose critique à travers les différentes références. Ce qui me rend confiant pour la suite, car je suis convaincu que nos deux auteurs ont encore de beaux jours devant eux et nous permettront de vivre de fantastiques aventures.

Je suis globalement assez satisfait de cette histoire qui se veut légère et assez burlesque finalement. Je regrette seulement ce scénario un peu plat, un poil couru d’avance. Loin de ce que j’ai pu ressentir sur le volume précédent, cet ouvrage n’en reste pas moins sympathique.

Le souci, c’est que l’on en attend peut-être beaucoup, persuadé qu’un des nouveaux albums nous fera revivre l’âge d’or de cette série emblématique. Alors certes, Les Aventures d’Astérix n’ont plus tout à fait le même goût, mais on ne peut leur reprocher leur qualité, nous rappelant qu’à l’instar de ce petit village d’Armorique, la BD de notre jeunesse fait toujours de la résistance.

Asterix 03

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