VVVVVV : Put your feet up…

C’est un fait, depuis plusieurs années maintenant, le rétro a le vent en poupe. Que l’on parle de « demake » ou même de création indépendante et originale, ce style est largement représenté. Mais il n’est pas toujours évident de s’y retrouver parmi la pléthore de sorties sur Steam, la plateforme de prédilection de ce genre. Mais c’est alors qu’est arrivé VVVVVV. Habillé comme un jeu sur disquette 5″ 1/4, le titre avait à la fois de quoi faire peur, mais aussi réjouir grâce à ses mécaniques originales. Voyons si ce titre parviendra à nous mettre la tête à l’envers et nous émerveiller.

Capitaine, mon capitaine

Alors que le capitaine Verdigris vogue tranquillement à travers l’espace avec son équipage, une interférence d’origine inconnue l’oblige à évacuer le vaisseau. Courant désespérément vers le téléporteur de secours, le vaillant équipage se niche au sein de ce trou béant, seul garant de leur salut. Mais voilà, l’interférence gronde, et au lieu de les transporter en lieu sûr, nos malheureux clampins se retrouvent sur une station spatiale étrangère. Perdu au milieu de nulle part, vous, le capitaine, décidez de partir à la recherche de vos coéquipiers téléportés au mauvais endroit.

Mais votre périple ne sera pas de tout repos, car le chemin sera parsemé d’embûches et d’ennemis. Plongé dans cette dimension inconnue, où les règles de votre monde ne s’appliquent plus vraiment, l’unique possibilité qui s’offre à vous pour progresser sera d’inverser le sens de la gravité. En effet, une pression sur le bouton action vous propulsera dans les airs et vous attachera les pieds au plafond. À vous donc de jouer les fils de l’air pour vous échapper de cette sordide station.

Heureusement pour vous, les communications sont ici en marche, et vous serez vite mis en relation avec l’un de vos hommes. Celui-ci saura vous guider pour le retrouver lui et ses copains, qui d’ailleurs possèdent tous, comme vous, un nom commençant par la lettre V. Ceci afin certainement de mieux vous paumer lors de l’appel… à moins que ce ne soit dans le but non avoué de créer une escouade de super sentaï, au choix.

Débrouille-toi, Vite, Vite, Vite…

Mais votre recherche ne sera pas de tout repos, car chaque pièce que vous devrez traverser pour retrouver vos amis perdus sera parsemée d’embûches. De la simple colonne de pics, en passant par la plateforme qui se désagrège sous vos pieds ou par les divers obstacles mobiles, vous devrez faire preuve d’habileté, de beaucoup d’habileté même, pour progresser au sein de ce monde hostile.

Car oui, VVVVVV est un titre exigeant. Basé sur la mécanique du Die & Retry, il vous faudra régulièrement mémoriser le chemin à parcourir pour sortir indemne des différentes épreuves qui se présentent à vous. L’usage intelligent de la gravité sera bien évidemment la clé de voûte de votre exploration, à vous de jouer avec cette dernière pour pouvoir atteindre des plateformes au demeurant inaccessibles. Vous vous retrouverez donc bien souvent à calculer vos mouvements au pixel près afin d’échapper aux multiples pièges mortels se dressant devant vous.

Heureusement, de nombreux checkpoints seront disséminés un peu partout. Ils vous donneront la chance de reprendre à cet endroit précis si vous mourez, car oui, ne vous leurrez pas, aussi fort que vous pensez être, vous mourrez, et cela vous arrivera certainement un bon paquet de fois.

Mais bien que difficile, le titre n’en reste pas moins accessible. Laissant place à la mémorisation plutôt qu’à l’instinct, vous réussirez à évoluer à travers ce dédale aux couleurs flashy dignes des plus grands délires des années 70. De plus, les nombreux téléporteurs disséminés au fil de l’aventure vous permettront d’explorer divers niveaux afin de ne pas vous trouver bloqué au même endroit, et vous offriront également la possibilité de sauvegarder votre progression, ce qui est toujours le bienvenu.

La progression aura d’ailleurs l’avantage d’être libre. Vous pouvez en effet naviguer dans la station comme bon vous semble, en empruntant les chemins qui vous paraissent les plus pertinents. Notre valeureux capitaine pourra donc explorer ce labyrinthe perdu à son gré, dans cette dimension étrangère et hostile.

Mais bien qu’assez ouvert, le titre bénéficie tout de même d’un fil rouge qui vous guidera dans la dure recherche de vos compagnons, disséminé à travers divers appareils de télécommunications ressemblant à la télé cathodique de votre grand-mère. Ces derniers vous apporteront divers éléments-clés du scénario ainsi que des indices qui vous permettront d’évoluer dans le bon sens. Rajoutez à ceci de petits objets à récupérer un peu partout et vous obtenez une aventure assez complète accompagnée d’un challenge pas piqué des hannetons.

Beau comme mon ZX

Utilisant une palette de couleurs issue tout droit d’un ZX Spectrum, le titre est un véritable hommage à la génération Atari et Commodore. Ainsi, tous les joueurs de cette génération, qui ont connu les couleurs criardes, le bruit de chargement des disquettes et les écrans 11 pouces (oui, oui, c’est petit hein^^) ne pourront que s’émouvoir devant ce petit être sorti directement de leur passé infantile.

Mais bien que réduites et criardes, les couleurs apportent une touche particulière à l’ensemble. Le changement récurrent de tons entre deux tableaux pourtant côte à côte nous donne réellement l’impression d’être plongé dans une autre dimension. Sachez d’ailleurs qu’il est possible d’appliquer plusieurs filtres, qui vous permettront, entre autres, de passer en mode analogique, qui vous offrira une définition plus cathodique avec grésillements et sauts d’écran, de quoi augmenter le côté rétro, mais également la difficulté.

Et même s’il s’avère doté de gros pixels, le jeu se voudra toujours fluide, rapide et pointilleux. On se retrouve ici avec une jouabilité précise adaptée aussi bien à la manette qu’au clavier grâce à sa simplicité. Et bien que le personnage soit de temps en temps un poil glissant, vous pourrez quand même accomplir des actions au pixel près, ce qui ne sera pas du luxe au vu des divers challenges qui se présentent à vous.

Saupoudré d’une bande-son des plus rétro, VVVVVV est doté d’une touche très « électro-bits », les morceaux sont en effet soutenus et collent parfaitement à l’ambiance spatiale. Vous aurez d’ailleurs la possibilité, à travers le menu d’accueil, d’écouter librement vos musiques favorites.

 

Farewell Space Adventurer

En conclusion, VVVVVV est un jeu que j’ai pris beaucoup de plaisir à tester. Le challenge proposé est corsé et vous fera ronger votre manette un paquet de fois. Réservé à un public habitué aux morts à répétition et à la mémorisation de patterns, il n’est jamais complètement frustrant et donne une réelle sensation de victoire à chaque salle passée.  Coloré, nostalgique et addictif, le tout saupoudré d’une bande-son efficace, le titre de Terry Cavanagh est pour moi une petite réussite.

P.-S. — Je tiens à remercier chaleureusement le site T.R.A.F. de m’avoir offert la clé du jeu afin que je puisse vous présenter ce test. N’hésitez pas à visiter leur site à cette adresse, ce sont des passionnés qui effectuent un travail du tonnerre !! Encore merci à eux !

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