Blade Runner 2049

Étant fan de Science Fiction depuis de nombreuses années, j’ai toujours éprouvé pour Blade Runner une certaine fascination. Ce monde aux couleurs apocalyptiques teinté de « robotisme » m’avait particulièrement intrigué. C’est pourquoi lorsqu’une suite avait été annoncée, je me suis senti à la fois enthousiasmé et dubitatif ; curieux de découvrir ce que l’on pouvait nous offrir de nouveau, mais aussi craintif de tomber sur une pâle copie artistique du premier opus.

Mais qu’en est-il vraiment ? Hommage ou usurpation ? C’est ce que nous allons voir maintenant.

Attention : Ma chronique portera sur l’ensemble du film et viendra divulgâcher quelques détails de l’intrigue. Même si j’essaie d’être le moins précis possible, certains moments clés pourraient être évoqués !

Nous sommes en 2049, le monde se relève avec grand mal de la crise de 2020 qui l’avait poussé au bord du gouffre. Notre histoire commence à Los Angeles, où les Blade Runners, une unité de réplicants nouvelle génération, traquent sans relâche, les Nexus 8, un ancien modèle considéré comme obsolète et dangereux. L’officier K (Ryan Gosling) est l’un de ces Blade Runners. Envoyé sur une énième extermination dans les fermes environnantes, il ne se doute pas encore qu’il y fera une découverte qui pourrait changer le monde entier.

Dès le début du film, on constate que le réalisateur a soigné son ambiance. Tout est cadré de manière efficace et la pellicule prend le temps de montrer les scènes et le monde qui se déroule sous nos yeux. Nous sommes donc devant une œuvre contemplative, qui ne suivra pas un rythme effréné, mais sera plutôt sur une explication par l’image. Ici, le 7e art sera utilisé pleinement afin de fournir au spectateur une ambiance globale prenante et oppressante.

Dès le départ, on constate que le film est très respectueux du matériau d’origine, on retrouve avec bonheur tout ce qui faisait le charme si particulier du premier opus. On se rend effectivement compte que le monde est au bord du gouffre et cela se ressent à chaque instant. Il plane une sensation d’oppression renforcée par divers jeux de couleurs tels que l’usage du jaune dans les immeubles de chez Wallace Industries ou même dans ce Las Vegas aujourd’hui dévasté. Le monde, à l’instar du film, semble tourner au ralenti, comme s’il repoussait au mieux sa propre fin.

L’hommage à l’œuvre originale est donc présent, mais le film de Villeneuve va bien au-delà en apportant sa propre touche à l’ambiance. Mais c’est surtout à travers la mise en scène qui se veut diablement efficace  que l’on retrouve la patte du réalisateur. En effet, chaque plan est clair et nous retransmet avec brio l’ambiance de ce monde. Les diverses scènes d’action sont fluides et parfaitement lisibles. Il se dégage même à différents moments une certaine violence froide, métaphore d’une machine en marche, implacable et dénuée de sentiments réels.

Mais cela ne s’arrête pas là car Blade Runner dispose d’un jeu d’acteur efficace souligné par une écriture pertinente, la frontière entre replicant et humains reste certes floue, mais perceptible au fil de l’œuvre, ce qui est vraiment agréable. Que ce soit Jared Leto (Niander Wallace), Ryan Gosling (Officier K), Ana de Armas (Joi) ou encore Sylvia Hoeks (Luv), on constate que les rôles sont maîtrisés et en adéquation avec leurs personnages. On prendra bien sûr plaisir à voir Harrisson Ford reprendre le rôle de Rick Deckard et nous offrir une prestation convaincante et efficace.

En effet, ici les replicants, bien que proches des humains, ne sont que peu expressifs, parfois presque impassibles même. On appréciera de les voir de temps en temps évoluer vers des côtés plus humains avant de retomber dans leurs penchants habituels.

Le monde qui nous est proposé ici s’avère plus étendu que dans le premier opus. Nous partirons en effet à la découverte de nombreux paysages différents tels que la ville de Seattle transformée en décharge ou encore dans la campagne de Los Angeles métamorphosée en véritables usines de production où la nature n’a plus sa place. Tout ceci apporte donc un aspect graphique plus vaste, nous offrant une nouvelle ambiance avec des teintes et des architectures variées.

Mais encore une fois, le réalisateur tombe juste et propose toujours une palette de couleurs cohérente et efficace. L’utilisation du jaune par exemple, donne une sensation d’étouffement lors des scènes dans les bureaux de chez Wallace Industries ou même dans les étendues désertiques de Vegas. Le monde semble au bord du gouffre apocalyptique et cela se ressent à de nombreux instants.

Il en résulte bien sûr un film contemplatif qui nous permet de poser un bilan sur ce monde qui pourrait peut-être un jour devenir le nôtre. Certains le trouveront donc lent, même si le rythme est juste et qu’il ne possède pas de temps morts.

La bande-son quant à elle est assez discrète, mais efficace. Elle souligne les moments clés de différentes scènes. Les divers sons et musiques utilisées sont bien souvent oppressants et lugubres, en parfaite adéquation avec ce qui nous est montré.

Mais Blade Runner 2049 ne se contente pas d’être beau, il porte en lui quelques métaphores et symboles qui nous feront nous poser des questions sur notre propre humanité. Il apporte de très bonnes idées comme celle de la femme numérique, présentée au départ comme un simple objet qui permet de tromper la solitude d’un monde individualiste et qui prendra une réelle consistance au fil de l’œuvre.

Le scénario quant à lui sera certainement ce qui fera le plus débat auprès des spectateurs. Car aussi bien construit qu’il soit et ne s’éparpillant à aucun moment, certains lui reprocheront d’être un peu creux, ne comblant que peu les 2 h 45 de pellicule. En effet, ce dernier octroie bien souvent la place à des scènes lentes, nous laissant découvrir le monde avec nos yeux plutôt que de nous l’expliquer. Cela se retrouvera à de nombreuses reprises comme lorsque l’officier K arrivera aux alentours de Las Vegas pour y trouver un semblant de nature à travers les ruches emplies d’abeilles ou même lorsque l’on voit l’état des architectures, témoin d’un cataclysme qui nous est raconté par le biais de ces images.

Et c’est justement là que le réalisateur frappe fort, son histoire, ses idées nous sont exposées à travers l’image et non le dialogue comme lorsque Joi, la femme holographique et virtuelle de K décide de louer une prostituée afin de se synchroniser avec elle et coucher avec lui. Il en ressort une scène des plus symboliques où la femme utilisée n’est que l’objet et l’hologramme le réel désir amoureux.

Vous l’aurez compris, pour ma part, Blade Runner 2049 est une véritable réussite. L’hommage à l’œuvre originale est présent de bout en bout et ose même aller plus loin. Et peu importe si cette œuvre ne conviendra pas forcément à tous, notamment à cause de son côté contemplatif, Denis Villeneuve nous livre un film de grande qualité. Réalisateur pressenti pour Dune, je ne peux qu’être impatient de découvrir ce prochain long métrage.

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