La mécanique de « Gore »

Les nouvelles années, témoins capricieux du temps passé et de notre âge, nous apportent quelquefois des reliques qui semblent sorties d’un passé lointain. C’est le cas de ce nouvel album de Deftones, un groupe de néo-métal issu de la fin des années 90 et qui semble revivre aujourd’hui pour s’orienter à nouveau vers mes oreilles.

Oui, grand fan de Deftones je l’ai été, et c’est avec un œil mélancolique que je regarde leurs premiers albums, Adrenaline et Around the fur, témoins d’une époque que les moins de vingt ans ne connaissent pas vraiment (ça fait vieux con, je sais^^), un temps où le groupe connaissait un succès grandissant et où des titres tels que Bored ou My own summer, deux chansons phares du groupe passaient le soir sur MTV.

Porteur d’un son nouveau dans le monde de la musique alternative avec un style néo-métal ou emo-core, Deftones grimpait tendrement l’échelle du succès.  Puis vint White Poney, un troisième album au succès retentissant et encore considéré aujourd’hui comme la consécration ultime du groupe. Viendront ensuite deux autres album intitulés respectivement Deftones et Saturday night wrist qui peineront à trouver leur place dans le monde musical de l’époque et qui offraient une qualité non satisfaisante auprès des fans.

S’ensuit alors une période douloureuse où le bassiste Chi Cheng, l’un des membres fondateur du groupe, connaîtra un tragique accident de la route qui le plongera dans le coma. L’album en cours intitulé Eros, sera mis de côté et ne verra jamais le jour.

Et tel le phœnix, le groupe avait doucement décidé de revivre et d’effectuer son grand retour.  Celui-ci sera amorcé par l’album Diamond eyes qui fut écrit juste après l’accident du bassiste, et qui arborera une nouvelle approche musicale. Globalement approuvé par les fans, cet album a signé le retour du groupe, qui va lentement à nouveau connaître le succès. Viendra alors l’album Koi No Yokan, qui, sorti en 2012, arrivera à une maturité d’écriture intéressante et, même si assez éloigné des débuts du groupe, offrira une qualité plus que convaincante.

Deftones a su développer un nouveau style intéressant musicalement. Alors, Gore est-il l’album de la confirmation ultime ? Celui qui redonnera ses lettres de noblesse à un groupe qui a connu un parcours difficile ? Eh bien, c’est ce que nous allons voir tout de suite.

Gore, puisque c’est ainsi qu’il s’appelle, nous propose en premier lieu une pochette au goût discutable. Peu originale et même peu retravaillée, j’ai toujours du mal à voir le lien entre cette pochette et le contenu réel de l’album. Une chose est sûre, si j’avais du m’arrêter à la pochette pour l’acheter, je serais peut-être passé à côté.

Mais passons plutôt au plus important, je veux bien sûr parler des morceaux en eux-mêmes. La première piste nous offre une ouverture sympathique qui va donner le ton de l’album. Une guitare aux nombreux effets pose une mélodie accrocheuse sur laquelle on se laisse porter. Deftones vient ici poser une ambiance différente de ce qu’on entend habituellement chez eux mais qui fonctionne. Malgré son petit côté ballade, Prayers triangles est une chanson qui se voudra tout de même soutenue.

S’enchaîne ensuite Acid Hologram, qui offrira des passages à la voix sympathique, notamment lors des refrains et qui se voudra plus soutenue que le premier morceau. Vient ensuite Doomed user, un morceau où la guitare est plus présente mais qui reste selon moi assez moyenne. Son écoute reste cependant intéressante car il est assez différent des autres.

Heart wire et Pittura infamante forment un combo réellement aguicheur. En effet, la voix de Chino sensiblement différente va adopter un ton plaisant et sensiblement plus original que sur les autres morceaux. Ces chansons viennent casser la monotonie tout en restant dans la continuité de ce qu’on a découvert sur les morceaux précédents.

Xenon, quant à elle, semble également plus banale et ne sera finalement pas la plus marquante de l’album à mon goût.Vient ensuite (L)MIRL, dotée d’une guitare sympathique, est  assez classique et, bien qu’on se laisse porter par la mélodie, on ne retient que peu de passages de ce morceau

Gore, chanson éponyme de l’album, est intéressante car elle représente un bon mélange de ce que constitue l’album et figure comme fière représentante du groupe. Sorte de melting pot musical, elle représente un peu tout ce que le groupe a pu faire au fil des ans. Sans être excellent, le rendu est intéressant et original.

Vient ensuite Phantom Bride, qui est pour moi l’une des meilleures chansons de l’album. Chino y possède en effet une voix intéressante et mélodieuse. La guitare, bien que classique, fonctionne à merveille en nous fournissant une ambiance travaillée et accrocheuse. Cette chanson accompagnée par Heart Wire et Pittura infamante forment pour moi le noyau dur de l’album.

Gore se clôturera par Rubicon, un autre morceau sympathique et de grande qualité. Prenant et musicalement travaillé, il illustre très bien, une fois encore le fait que Deftones a su se renouveler d’une brillante manière.

On remarque d’ailleurs que le son de cet album diffère du précédent avec une guitare un peu moins brutale mais qui dispose de nombreux effets. La batterie, quant à elle, possède un réel charme tout au long de l’album et vient clairement rehausser l’ensemble par son rythme travaillé. Le batteur originel de Deftones prouve en effet qu’il a su s’adapter aux virages musicaux entrepris par le groupe et nous offre une prestation convaincante. Pour ce qui est de la basse, elle reste assez discrète et apporte un soutien honorable à la batterie.

L’album se démarque ainsi énormément de son prédécesseur et offre à la fois quelque chose de nouveau, qui est avant tout un condensé de ce que le groupe pouvait offrir avant, une quintessence travaillée et bien rythmée..

Au final, on se retrouve donc avec un album qui dispose d’une ambiance bien à lui. Lors de son écoute, on éprouve un sentiment de globalité que l’on ne percevait pas forcément dans les autres albums. Une ambiance qui nous rappelle l’introduction de Pink Maggit et qui nous balade du début à la fin sur une mélodie globalement travaillée.

Sans être excellent ni même forcément le renouveau ultime que l’on attendait, Deftones nous livre un album assez personnel et de qualité qui possède un charme certain. Les adeptes se laisseront prendre au jeu de l’ambiance et les nouveaux venus découvriront un son qui se démarque au final pas mal de ce qui se fait en général. Je lui préfère cependant le précédent car celui-ci manque réellement de morceaux et de passages uniques. Gore est cependant un album de qualité que je ne peux que vous conseiller d’écouter.

Pour finir, voici un petit extrait de l’album avec le morceau Phantom Bride. Bonne écoute à tous !

Note finale : 3,42 / 5

 

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