Star Wars VII : un « nouvel » nouvel espoir ?

Ce n’est un secret pour personne, Star Wars soulève des vagues de commentaires et d’avis divergents. Il était donc de mon devoir d’essayer d’apporter ma modeste pierre à ce mur branlant et hétéroclite. Son arrivée prochaine en DVD et Blu-Ray était donc une occasion parfaite de faire le point sur l’un des films les plus polémiques  de l’année.

Phénomène mondial, voire inter-planétaire (mais si !, les aliens kiffent Star Wars, même Spock^^), la sortie du nouvel épisode de la trilogie de Lucas était attendue tel le messie des temps nouveaux, capable aussi bien de déclencher une guerre amorcée par des fans extrémistes qu’apporter la paix sur le monde en mettant les peuples d’accord.

Mais avant de donner mon avis, je pense qu’il est de bon ton de faire un petit rappel du scénario. Bien sûr, cette chronique contient des spoilers (un peu de divulgâchage comme diraient nos amis Québecois, mot que j’adore en passant) et j’invite donc tous ceux qui ne veulent pas se gâcher le plaisir à sauter le paragraphe suivant.

A long time ago…

Trente ans après les pérégrinations de Luke Skywalker et de ses amis, la galaxie coule des jours moins paisibles qu’elle ne devrait. En effet, un groupuscule tout habillé de noir, nommé le premier ordre, entend faire repartir le feu de l’ancien Empire.

Notre histoire commence alors que BB-8, un droïde aussi rond que mignon (oui j’ai craqué je sais, mais il est quand même Kawaii ce robot^^) et qui semble détenir une carte qui mène à Luke Skywalker, le messie,  est trimbalé par un résistant bellâtre nommé Poe. Ce dernier a en effet la mission d’escorter le-dit droïde au QG de la résistance, groupuscule mené par la générale Leïa Organa, car il contient une carte permettant de retrouver Luke Skywalker, le dernier des Jedis connus et reconnus, qui a disparu tel un objet laissé sur un banc d’arrêt de bus, et qui, il y a trente ans de cela, a vaincu l’Empire et rétabli la paix dans l’univers.

Mais tout ne se passe pas comme prévu et notre pilote résistant émérite se retrouve capturé par Kylo Ren, un homme tout de noir vêtu et capable d’utiliser la force obscure. Cet être au casque étrange est  également l’un des meneurs de troupes du premier ordre et qui est lui aussi à la recherche du petit droïde que tout le monde aime déjà.

BB-8, filant plus vite qu’une balle de tennis à Roland Garros, prend cependant la poudre d’escampette et va trouver refuge auprès de Rey, une simple ramasseuse de ferraille orpheline qui se bat pour subsister. Cette dernière, prise d’affection pour le petit robot, va le prendre en charge, sans se douter que cela sera le début d’une aventure qui va changer sa vie.

Voici donc le début de cette œuvre, simple mais efficace,  qui entend bel et bien suivre les traces, aussi bien graphiques que scénaristiques, de la trilogie originelle. Mais voyons maintenant un peu plus en profondeur ce que j’ai à dire sur le film en lui-même.

On prend les mêmes ?

Tout d’abord, le film bénéficie d’une introduction réellement intéressante où chaque nouveau personnage a sa place. Le tout est bien rythmé, et globalement, on se laisse facilement prendre au jeu grâce notamment à un casting convaincant et une mise en scène de qualité pour cette partie.

Visuellement, nous sommes sur quelque chose de très propre. Les effets spéciaux n’en font pas forcément des tonnes et la patte graphique qui rappelle celle des épisodes IV, V et VI, ce qui est un excellent point. On sent ici que le réalisateur est réellement fan de l’univers et qu’il s’efforce de nous le retranscrire avec autant d’authenticité que possible.

On y retrouve d’ailleurs avec plaisir certaines icônes qui ont su faire la notoriété de l’univers comme le Faucon Millenium, vaisseau du non moins célèbre Han Solo, produits véritables de cette mythologie et qui participent indubitablement à sa cohérence.

Kylo Ren, légataire spirituel et stylistique de Dark Vador et détenteur de la force obscure est également un personnage intéressant. Portant le flambeau d’une nouvelle relation père/fils mal maquillée, il est évidemment au cœur de l’intrigue, et son rôle ainsi que ses doutes auront très certainement un impact sur l’ensemble de la trilogie. En effet, sa volonté d’accomplir l’œuvre de Dark Vador, qu’il n’a évidemment pas connu, donne un personnage fragile, et qui, malgré sa maîtrise de la force obscure, craint de ne pas être assez fort pour suivre la trace de l’ancien seigneur sombre, ennemi de la force.

La figure de l’Empire, enfin du Premier Ordre, quant à elle est vraiment mineure et est plus là pour habiller la lutte entre la force et le côté obscur. Leurs motivations, bien que claires, sont vite oubliées et ces nouveaux ennemis donnent finalement l’impression de n’être que des pions.

Les bases de la reprise de flambeau sont donc posées et cette trilogie entend bien marcher dans les pas de son aînée. Divers clins d’œils et références viennent d’ailleurs agrémenter cette volonté. Cependant, leur insertion ainsi que leur utilité ne sont pas forcément flagrants. Explications.

The Death Star syndrome

En effet, le film regorge de clins d’œil et de passages largement inspirés de la trilogie originelle. Plagiat pour certains, manque d’imagination pour d’autres, le réveil de la force  accumule les références.

Ces dernières, incorporées maladroitement, comme par exemple l’utilité relative d’un R2D2 sorti de la casse ou encore  de celle de la « planète-arme-étoile de la mort » que les rebelles attaquent de la même manière que l’Étoile de la Mort, sont autant de contenus qui nous font croire que le réalisateur a écrit son scénario à la va-vite. Ces éléments, repris de la trilogie originale donc,  peuvent bien sûr être perçus comme un hommage, une envie de montrer que le réalisateur aime son univers au point d’y incorporer nombre de références scénaristiques non indispensables. Et c’est là que le bât blesse pour moi. Car si l’hommage est touchant et que le postulat de base est intéressant, l’écriture semble bâclée et leur insertion est assez maladroite. Le film au final ne se serait pas plus mal porté sans ces ajouts et en faisant place à la nouveauté.

Le final quant à lui est bâclé et on reste sur sa faim. En effet, une fois la bataille finie, on se retrouve avec un R2D2 qui s’éveille un peu par hasard pour dévoiler subtilement (ou pas ?!) le morceau manquant de la carte, et qui, assemblée avec celle que possède BB-8, forme l’itinéraire complet qui mène à Luke.

Ainsi, nombre de personnages sont laissés en suspens, ce qui a pour effet de plomber littéralement tous les effets dramatiques subis dix minutes plus tôt. On en finit ainsi à ne plus s’impliquer ni s’émouvoir pour les personnages que le film a eu tant de mal à nous faire apprécier. Le départ précipité de l’héroïne, nouvelle détentrice de la force se fait en quelques minutes faisant table rase de tout ce qui vient de se passer. Dommage.

Le film nous livre au final comme une impression d’avoir regardé une grosse introduction et non une œuvre à part entière. Et même si l’on sait qu’il doit s’incorporer dans une trilogie, la fin du premier opus est pour moi un peu trop expéditive et sans saveur.

Au final, on se retrouve avec un film où l’on retient principalement ses  défauts, car ils débarquent aux mauvais moments et effacent malheureusement certains moments forts. Les nouveaux ajouts sont cependant convaincants et les personnages sont frais et intéressants et font honneur à leurs prédécesseurs.

Espérons que cela sera compris par le réalisateur et que la force sera avec lui pour le prochain volet.

Note finale : Étagère du milieu. Sympa ! Il sortira de temps en temps.

 

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